Panneau d'Affichage
Chargement...

Connexion




Mot de passe perdu?

Le Grand Escalier

Le Grand Escalier >> L'Odyssée Magique

Pages : <- 1 2

Chapitre 9 - Le Retour
Préfet
Chroniqueur Chicaneur
[Avatar]
Serdaigle
4e année
Titre : Re : Chapitre 9 - Le Retour
Créé : 01/10/2026 à 20:29:58 - Modifié : 01/10/2026 à 20:31:56

Cette bataille avait un côté presque jouissif. Nathan avait la sensation d'évacuer tous les traumatismes qu'il avait subit dans son étrange voyage, à cause de ceux qu'il était en train d'attaquer. Tout le monde y allait à fond, on sentait la rage dans chaque membre. Ils devaient sans doute ressentir la même chose que le préfet.

Soudain, un épais brouillard envahit la salle, donnant un répit bienvenu au petit groupe. Certaines cherchaient à sauver les membres de la direction mais Nathan guettait leurs ennemis afin d'évaluer combien étaient encore en état de se battre. Ils étaient encore nombreux mais ce n'était pas ça qui allait les arrêter.

S'accroupissant derrière une table, Nathan aperçut Margaret qui était satisfaite de son sortilège Nebulus. Il s'approcha d'elle, content de savoir qu'elle allait bien.


NATHAN : On va y arriver. Tu sais ce qu'il manque ? Un bon gros paquet de pétard pour montrer à ces grecs comment on se bat.

Le Fray regardait le brouillard qui commençait à s'éclaircir. Il essaya de repérer ses autres camarades. Tout le monde était en danger. Il ne devait pas faiblir.

Il resserra sa baguette, prêt à repartir au combat, la colère encore présente dans ses veines, l'énergie de la rune lui brûlant presque la main. Il regarda une dernière fois Margaret et déposa un léger baiser sur ses lèvres avant de se relever pour reprendre une bataille acharnée.

Chroniqueuse Chicaneur
Héroïne de l'Odyssée de Poudlard
[Avatar]
Serdaigle
4e année
Titre : Re : Chapitre 9 - Le Retour
Créé : 01/10/2026 à 22:00:03

Le brouillard avait bien envahi la Grande salle, laissant au petit groupe d'aventurières et d'aventuriers le temps de reprendre son souffle et préparer une nouvelle attaque. Margaret était plus que satisfaite, elle qui avait douté que tout cela fonctionne. Ses camarades semblaient bien soulagés de pouvoir respirer un peu et surtout pouvoir prendre le temps de bien se positionner. Car la bataille allait faire rage encore un bon moment, selon la bleu et bronze.

Cachée derrière une table, à elle-même soufflée et réfléchir à la suite des choses, la jeune Dubois fut rapidement rejoint par Nathan qui avait bien bataillé. Elle était si heureuse de le voir à ses côtés. Elle se sentait rassurée, quelque part, même si elle montrait une détermination sans faille. Elle voulait absolument libérer les habitant.e.s de Poudlard. Elle voulait aussi montrer à sa famille, sa mère surtout, ce qu'elle valait. Écoutant son ami, les yeux remplis d'étoiles, l'adolescente trouvait qu'il avait bien raison. Ça manquait d'éclat. D'étincelles. De quoi faire fuir tous ces hommes. De quoi leur donner une bonne leçon. Eux qui croyaient, à tort, s'être débarrassé du petit groupe une bonne fois pour toutes, en les envoyant dans le monde homérique.

La brune s'apprêtait à lancer de nouveau la charge contre les Grecs, quand le Fray la surprit avec un baiser. C'était doux, réconfortant. Le rouge monta aux joues de l'aiglonne qui se doutait bien que sa mère ne manquât pas une miette de ce qui se passait. Même si le duo était derrière une table. Margaret ne savait pas exactement comment, autrement que par la légilimancie, mais la matriarche de la famille Dubois savait tout sur tout. Cela n'empêcha pas les deux adolescents de montrer une quelconque proximité. Ce qui fit balbutier la jeune Dubois qui cherchait à retrouver ses esprits.


MARGARET : Tu... tu as raison.

Avant que le brouillard ne se dissipe totalement, l'adolescente lança un accio avec en-tête cequ'elle voulait retrouver entre ses mains. Dans un sifflement qui passait inaperçue au travers de tout ce brouhaha, deux pétards vinrent se poser aux pieds de la jeune fille. Oui, elle avait caché ces outils qui lui servaient à propager le chaos dans un coin du château dont elle n'allait jamais révéler l'emplacement. Puis elle avait eu raison, finalement. Ils allaient lui servir.

Doucement, tout devint plus clair dans l'immense pièce et du bout de sa baguette, elle alluma un de ses pétards. Le plus bruyant et le plus coloré. Elle le laissa lui échapper des mains et il se mit à virevolter dans les airs, évitant de justesse de brûler les cheveux de sa tante Hope. Le pétard siffla bruyamment dans toute la pièce, laissant échapper quelques étincelles qui vinrent brûler les habits des Grecs et dans un énorme fracas, un calamar géant apparu, prêt à poursuivre les hommes qui restaient toujours.


MARGARET : BOUFFE-LES ! cria Margaret, gagnée par l'excitation.

Elle trépignait d'impatience de voir son pétard se refermer sur le groupe d'hommes et ainsi les déstabiliser. Ce qui ne mit pas beaucoup de temps. Le calamar géant, formé de milliers d'étincelles, venait d'engloutir le groupe, les laissant pantois. C'était le meilleur moment.


MARGARET : À L'ATTAQUE !!!! !


Avatar : Camille Dubois; Signa : Nathan Fray
[Avatar]
Poudlard
Adulte
PNJ
Titre : Re : Chapitre 9 - Le Retour
Créé : 01/10/2026 à 23:54:05 - Modifié : 02/10/2026 à 11:58:07

Les sortilèges fusaient dans tous les sens mais on pouvait dire qu'il y avait une franche réussite du côté des élèves. Grâce à Jemima, les membres de la direction furent libéré et il n'en fallut pas plus pour mettre un terme à tout ceci. Très vite, les sorciers grecques furent ligotés, immobilisés, et incapable du moindre geste en attendant que les aurors de la section internationale s'occupe de leur sort.

En quelques coups de baguette et en un geste, la grande salle fut nettoyée des morceaux de nourritures ou des verres explosés pendant la bataille, et au contraire un nouveau festin fit son apparition. (Comme si les elfes remerciaient aussi l'équipage de l'Odyssée pour leur retour héroïque.)

La directrice Hope s'était pris un méchant coup sur la tête et se faisait soigner par Bastien en arrière salle. Ce fut alors Camille Dubois et Ignatius Rookwood, tout jeune directeur adjoint nommé, qui s'avancèrent. Si la directrice adjointe avaient bons nombres de méchantes rumeurs qui courraient à son sujet, aujourd'hui, elle fut presque douce lorsqu'elle prit la parole.

« Félicitation à vous tous, héros de Poudlard. Malgré leur enchantements lorsqu'ils nous ont pris par surprise en se dissimulant comme des élèves, nous avons compris qu'ils vous avaient envoyé au sein d'une malédiction légendaire, la Malédiction d'Homère. Vous devez ainsi vaincre et passer les épreuves d'Ulysse afin d'en triompher, ce qui, je me doute, a été loin d'être facile. »

Son regard pâle traversa chacun d'entre vous, et il était sûr que la Legilimens pouvait sentir votre tristesse, votre fatigue, votre peur. Ignatius s'avança, posant une main sur son coeur pour compatir.

« Soyez sûr que les victimes seront mis à l'honneur, leurs proches avertis et que nous ferrons tout pour que les responsables payent. C'étaient des sorciers monstrueux qui n'hésitaient pas à s'en prendre à des enfants et des adultes pour prendre une revanche contre nos ancêtres. Une guerre que ni eux, ni vous, n'aviez connu et pourtant la violence courent dans leurs veines. Mais ils auront la peine qu'ils méritent et seront emprisonnés après un procès. »

Les directeurs adjoints échangèrent un regard, mais dans celui de Camille brillait une promesse à ceux qui avaient osé s'en prendre à sa fille adoptive. Il n'était pas sûr que les sorciers responsables arrivent aux procès, mais ceci était une autre histoire.

Les deux directeurs adjoints vous enjoignirent à prendre place à vous restaurer et enfin, profiter du fait de ne pas avoir à sauver quelqu'un ou avoir à survivre. Votre Odyssée était finie et vous aviez finalement gagné, mais à quel prix ?

Vous pouvez continuer à rp ici jusqu'au 7 octobre ainsi que dans tous les topics si nécessaire. Félicitation ! Et rendez-vous pour la remise des prix !

Préfet en chef
Chroniqueur Gryff'Time
Membre des Maraudeurs
[Avatar]
Gryffondor
1re année
Titre : Re : Chapitre 9 - Le Retour
Créé : 01/10/2026 à 23:59:44

Le petit Meelo poussait un cri de triomphe. Son chapeau à nouveau sur sa tête, soigneusement conservé par Mirabelle, l'enfant faisait des signes grossiers aux ennemis désormais immobilisés par les grands sorciers de Poudlard.

« Nullos ! Nullos ! »

Puis, tout de suite, il courrait en direction de Camille, tirant sur la robe de celle-ci afin d'attirer son attention. Elle était très belle et il était évident que la femme était puissante.

« Dites, vous voulez bien être ma maman ? »


@CAMIDUBS
Bibliothécaire
[Avatar]
Poudlard
Adulte
Titre : Re : Chapitre 9 - Le Retour
Créé : 02/10/2026 à 01:26:26

Le bateau lévitait, tel que Jade avait vu le navire de Peter Pan le faire au cinéma, arriver sur Londres, droit sur elle.
Jamais elle n'avait ri en entendant la fameuse légende des spectateurs sortant affolés de la salle en voyant le train arriver en gare, croyant se faire écraser. Parce que, depuis son fauteuil, elle avait eu l'impression de pouvoir toucher la coque de l'impressionnant bateau. Ses mains s'étaient tendues d'elle-même.

Plus tard, elle avait vu des enfants faire de même en découvrant des séances spécifiques tournées pour sembler à porter de main.
Mais le jour où Jade avait découvert une toute nouvelle forme de magie, celle du cinéma, elle avait su que les êtres humains étaient tous capable de manipuler quelque chose de spécifique. Certains, une énergie. D'autres plus rares, l'Önd.
Et certains, quelque chose d'autre qui donnait l'art.

Il y avait un effet grisant à se trouver sur le bateau, le vent dans les cheveux ébouriffés fouettant son visage dans un navire volant.
La liberté, la plus belle des libertés.

Et puis.
Et puis Charybde tricha.
Elle les engloutit tous.

Jade se rua vers la cale, tombant dans les escaliers avec un soleil qui lui laisserait de sacré marques, sonnée, l'esprit tourbillonnant ne parvenant à s'agripper à aucune idée puisque les divers chocs la laissaient sonnée.

***
Elle reprit connaissance dans un lit, ses côtes bandées, une dizaine d'enfants inquiets autour d'elle.
— Jade ! Vous êtes réveillée ?
— Jade, on est sortis du tourbillons ! On a été recrachés hors de la méditerranée.
— Jade, vous savez où vous êtes ? Vous nous reconnaissez ? Vous n'avez pas parlé du tout pendant que vous étiez malade !
Elle devina que l'équipage avec des bases de médicomagie avaient fait en sorte de chasser toute possibilité de migraine, ce dont elle était reconnaissante.
— Sortis de la Méditerranée ? Eh bien... Charybde et Scylla se trouvant aux alentours de Gibraltar cela fait sens. Une chute dans le vide, ainsi que prédit...
Elle observa les adolescents tout en les rassurant sur son état.
— Il reste Ithaque, objecta-t-elle. J'aurais aimé que nous puissions nous y préparer.
— Ce n'est toujours pas fini ?
— Bientôt, promit-elle.

***


Lorsqu'on leur présenta l'épreuve des haches, Jade en resta bouche bée d'indignation.
* Nous aurions pu nous laisser avaler par Charybde sans lutter, mais alors nous serions morts car nous n'aurions pas prouvé notre valeur pour sortir. Et à présent, l'on nous demande de nous trouver dignes d'Ulysse lui-même pour rentrer ? S'ils savaient ce que je pense d'Ulysse ! *

Jemima prit les devants, puis Nox.
Ce fut la première fois que Jade vit véritablement Meelo s'illuminer. Il n'eut aucun doute, aucun souci, et il semblait parfaitement dans son élément. Un sourire affectueux s'esquissa sur les lèvres de l'adulte.

Elle resta en arrière pendant que chaque membre de l'équipage passait l'épreuve.
Elle entendit le conseil : ayez foi en l'arme d'Ulysse. Et elle détourna le regard.
Avoir foi en Ulysse était une chose complexe. Sous la protection d'Athéna, malin, et loyal envers son équipage. Malgré tout...
* Malgré tout, les poèmes sont romantisés ; le temps passe et efface les actions, les siècles leur font perdre de leur sens. Ulysse n'est pas responsable de ce que vous venez de subir.
Il n'est pas non plus responsable de la défaite de Troie. C'est l'orgueil qui a perdu la ville... ainsi que le refus d'écouter leur devin. Ulysse a gagné par la ruse, utilisant les points faibles de leurs ennemis pour perdre le moins possible de siens. C'est une vision que je peux respecter.
La guerre de Troie était injuste. C'était une discorde annoncée. C'était un désastre inévitable.
Quand à Ulysse, il est une victime des Divinités. Poséidon eut plusieurs enfants ; l'instinct parental ne prime pas nécessairement pour les dieux... Cette Odyssée n'a été la rencontre que de victimes des divinités et de leurs affres. Nous n'en avons vu aucunes. Circé et Calypso... je souffre en songeant à elles.
Ulysse a perdu Télémaque, son équipage, vingt ans d'une vie... parce que quelqu'un a fait usage d'une toute puissance et utilisé d'autres punis par la toute puissance. *


La rage et le dégoût que Jade a toujours éprouvé envers les dieux grecs commence à prendre le dessus... mais il est impossible de la laisser transparaître, elle est encore sous leurs cieux.

La jeune femme attend que chacun ait fini l'épreuve.
L'adulte compte tout le monde et ferme la marche.
Elle se saisit de l'arc. Aussitôt, l'énergie de l'Önd remplit sa main, gonfle ses muscles, modifie la position de son épaule.
Il lui semble que sa posture est corrigée par une autre main invisible. Athéna ? Elle a été la protectrice d'Ulysse. Elle a toujours refusé de se soumettre aux hommes, les as rencontrés comme ses égaux.
Jade sent la magie pulser entièrement en elle, la puissance dans ses bras, une force brute qui amplifie la sienne.
Elle ne peut pas échouer.
Elle le fait pour protéger les siens, de son équipage aux jeunes sorciers de Poudlard. Et elle se voue aveuglément à Athéna et Ulysse.

La flèche décochée part avec une puissance de feu impressionnante, valant peut-être celle des grands arcs anglais médiévaux et leurs propriétaires aux bras surdéveloppés.
Une à une, les douze haches sont transpercées.

Jade ferme la marche.
Elle compte, par instinct, d'abord en chiffre puis en énumérant les noms de chacun.
Terry l'a sans doute déjà fait. Mais cela n'a aucune importance.

Elle adresse à son collègue un sourire rempli de remerciement et d'affection, soutenant son regard avec confiance.
Ils rentraient à Poudlard.

Le vent lui apportait l'odeur de la mer, une odeur qui n'existait pas ailleurs.
Sous ses pas, se mélangeant comme comme de l'huile avec l'eau qu'était la mythologie grecque, la terre l'accueillait et la reconnaissait. Jade effleura un arbre, hésitant à en enserrer un contre son coeur...
Mais ils étaient attendus à Poudlard.
La magie d'Ulysse disparaîtrait sans doute, ou se dissiperait. La présence forte des influences celtes et nordistes rentrait en conflit avec elle.
Jade n'était pas uniquement une sorcière britannique : elle était une adepte wicca, dévouée à la branche de Morgane la Fée, les brumes d'Avalons et Brocéliande. La familiarité était à la fois un soulagement et une tristesse.

Ils étaient de retour.
Mais la bataille finale n'avait pas été livrée. Tant que les influences d'un passé révolu hanteraient l'Ecosse et ses jeunes sorciers vulnérables, le monde Magique ne pourrait être en paix.

***

Poudlard.
Pour certains, c'est un coup au coeur chaque fois. Pour Jade, c'était une angoisse sans nom qui prenait ses racines dans son passée d'étudiante et lui rappelait qu'elle avait été éloignée de son jumeau et des quatre enfants du Domaine.
Comment allait-elle les retrouver ?

Jade glissa un regard à Terry, et rajusta sa veste. Elle tenait à ce que ses pouvoirs de Vélane dévoilés restent sur le navire.
A Ithaque, la tâche d'Ulysse avait été de sauver l'élue de son coeur... ou bien son épouse. Les deux se trouvaient être la même personne dans son cas.
Si Jade devait prouver sa valeur en faisant face à Elijah...
Ou pire.

Mais il y avait trop d'enfants parmi eux. Et c'était une histoire de vengeance. Une histoire de gloutonnerie. Une histoire de pouvoir.
C'était toujours une histoire de pouvoir.

La jeune femme rajusta encore sa veste, vérifia que la lame se trouvait en sécurité, et dégaina sa baguette.
Elle luisait d'une étrange lueur bleuté, une rune incrustée dans la poignée travaillée. La marque d'Ulysse.
Le pouvoir de ne jamais manquer sa cible. Ne jamais faire d'erreur. Toujours toucher à côté lorsqu'elle désirait intimider, ne pas risquer de causer des dommage collatéraux lors d'un combat chaotique où un allié pouvait surgir devant vous...
L'Önd qui l'avait envahie en touchant l'arc se familiarisait doucement avec la magie propre de sa baguette, les deux s'apprivoisaient.
Les baguettes sont de puissants artefacts. Elles peuvent contenir divers contenant, divers styles sans qu'ils n'entrent en conflit.

La rune pulsait dans sa main. Peut-être en réponse à sa rage, peut-être à l'unisson avec les autres runes dans les baguettes de l'équipage.

Ils firent irruption dans la Grande Salle du château millénaire.

Bibliothécaire à l'affut ~

Née Promise
Née à Imbolc
"Je ne suis pas Humaine, Onyx, pas entièrement. Et là tiendra toujours ma force."
Magizoologiste
Serveur
[Avatar]
Poudlard
Adulte
Titre : Re : Chapitre 9 - Le Retour
Créé : 02/10/2026 à 02:18:01


La terre apparut au moment où Terry commençait à craindre qu’il n’existât plus rien au-delà de la mer. Au début, ce ne fut qu’une ligne sombre posée entre le ciel et les flots se dessinant à l'horizon. Il la fixa longtemps, méfiant envers ses propres yeux. Il avait déjà vu des îles promettre le repos avant de se transformer en pièges, des voix familières surgir du royaume des morts et des visions offrir exactement ce que le coeur désirait. Même Ogygie avait su prendre l’apparence d’un refuge avant de révéler les barreaux dissimulés sous ses fleurs. Puis les contours se précisèrent, les collines apparurent, les constructions, le rivage... Ithaque émergeait des flots devant eux !

Le jeune serveur des Trois-Balais ne cria pas victoire. Son enthousiasme resta très mesurée, quels pièges pouvaient-ils encore bien les attendre ici ? Sa première réaction fut de compter les élèves. Il appela chaque nom, comme tous les matins depuis Scylla, et attendit chaque réponse. Cette fois, personne ne manquait depuis leur affrontement avec Charybde. Il posa ensuite une main sur le bastingage grossièrement assemblé et ferma les yeux. Ils avaient atteint Ithaque et malgré ses réticences, cela constituait un véritable soulagement. Malheureusement tous ceux qui étaient partis n'étaient pas arrivé à bon port, et la douleur de ces pertes restait profondément ancrée en lui.

Les morts se tenaient derrière eux, invisibles et pourtant plus présents que les vivants. Les élèves dévorés dans la grotte de Polyphème. Les elfes qu’il n’avait pas réussi à protéger. Ceux emportés dans le royaume des morts, auprès des Sirènes et par les gueules de Scylla. Terry se souvint de leurs visages, mais aussi de ceux qu’il ne parvenait déjà plus à se remémorer entièrement. Cette perte de précision lui faisait presque autant de mal que leur disparition. Il pensa également au balluchon, au tissu entre ses doigts, à son esprit embrumé, au lien défait, aux marques dans sa paume, aux vents libérés, aux errements dont il était responsable ! Ithaque n'absoudrait pas ses fautes mais elle signifiait qu’il pourrait peut-être encore ramener les survivants chez eux.


TERRY : On ne se relâche pas. Nous ignorons ce qui nous attend à terre. Personne ne s’éloigne seul et personne ne touche à quoi que ce soit avant qu’on ait vérifié que ce n’est pas enchanté.

Son avertissement n’avait rien d’un reproche. Après le lotus, Circé, les bœufs d’or et Calypso, ils savaient tous combien une apparence paisible pouvait être trompeuse. L’embarcation toucha finalement le rivage. Le magizoologiste descendit parmi les premiers et demeura dans l’eau jusqu’à ce que les plus jeunes aient gagné la terre ferme. Ses vêtements étaient encore humides, ses muscles douloureux et ses mains marquées par les cordages. Pourtant, le sol stable sous ses pieds lui parut presque irréel.

On descendit également le tableau d’Homère. Il ne bougeait plus : son visage peint demeurait figé, sa bouche silencieuse et son regard privé de l’intelligence parfois irritante qui l’avait animé. Le jeune homme s’accroupit devant lui et posa deux doigts contre son cadre, comme s’il cherchait un pouls qu’aucun tableau ne pouvait posséder.


TERRY : Homère ?

Aucune réponse ne lui parvint. Il aurait dû éprouver du soulagement puisque le tableau ne pouvait plus les conduire vers une nouvelle épreuve, dissimuler une information ou parler de morts nécessaires pour prouver leur valeur mais Terry ressentit une inquiétude sourde et diffuse. Certes Homère les avait trahis par ses silences, les avait menacés et manipulés, mais Il avait néanmoins partagé leur voyage, subi le naufrage et fini par les aider devant Charybde. Le jeune homme ne savait toujours pas ce qu’il était réellement, mais il refusait de l’abandonner comme un objet devenu inutile.

TERRY : Nous l’emportons. S’il reste quelque chose de conscient en lui, nous ne le laisserons pas ici.

Il se chargea lui-même du tableau pendant une partie du trajet. Il laissa Jemima s’asseoir un moment sur le sable, mais surveilla son état. Elle était épuisée, trempée et affamée. Lorsqu’elle trouva des fruits et de l’eau, il les examina avant de laisser les autres y toucher. Le chemin semblait avoir été préparé à leur intention. Les rues étaient désertes, les portes fermées et aucun habitant ne se montrait aux fenêtres. Terry n’aimait pas cette absence. Elle lui rappelait le silence qui précédait l’attaque d’une créature embusquée, mais il continua à avancer en restant sur ses gardes, prêt à protéger les enfants et ses compagnons de voyage en cas de danger.

La demeure apparut au bout du chemin, construite autour d’un olivier gigantesque. Les branches semblaient soutenir une partie des murs tandis que les racines s’enfonçaient sous les pierres anciennes. Après les merveilles et les horreurs traversées, le serveur des Trois-Balais n’éprouva presque aucune surprise devant cette architecture impossible. Ce fut l’arc qui l’arrêta. Celui-ci reposait sur une vieille table, accompagné de douze haches parfaitement alignées. Le bois sombre était parcouru de gravures qui paraissaient se déplacer lorsqu’il tentait de les suivre du regard. Il lut l’inscription à voix haute.


TERRY : Celui qui saura atteindre les douze haches ouvrira le chemin du retour.

Son premier réflexe fut la méfiance.

TERRY : Personne ne le touche encore.

Il examina l’arme sans poser directement les doigts sur elle. Aucun mécanisme évident, aucune trace de poison, aucun fil dissimulé. La magie qui parcourait le bois était ancienne, mais elle ne présentait pas la même sensation coercitive que les enchantements du lotus ou de Circé. Il vérifia ensuite les haches. Leurs ouvertures étaient alignées de manière à permettre le passage d’une flèche, à condition que le tir soit parfaitement droit. C'était une épreuve d’Ulysse... Encore une !

Le jeune homme sentit une fatigue immense l’envahir. Ils avaient vaincu un Cyclope sans lui crever l’œil, traversé les enchantements des Sirènes et survécu à Scylla. Ils avaient refusé d’être les héros exacts d’un récit écrit pour quelqu’un d’autre. Pourtant, même au terme du voyage, on leur demandait encore et toujours de reproduire un exploit d’Ulysse. Il avait juste envie de crier qu'ils n'étaient pas Ulysse ! Non ils n'étaient pas ce héros grec disposant de la mètis donnée par Athéna et qui avait aidé les Achéens à prendre Troie grâce à la ruse du cheval de bois !


TERRY : Nous ne sommes pas lui... Mais nous sommes arrivés jusqu’ici.

Son regard s'était posé sur les élèves autour de lui. Ils devaient tous pouvoir rentrer ! Aussi chacun d'eux aurait le droit d’essayer. Terry organisa les passages et s’assura que personne ne demeurait derrière la ligne de tir. Il refusa que les plus jeunes se placent près des haches pour récupérer les flèches. Après Charybde, il ne laisserait pas l’impatience transformer une épreuve apparemment simple en nouvel accident.

Jemima fut l’une des premières à réussir. Elle observa longuement l’alignement, assouplit ses membres et tira sans céder à l’impatience.


TERRY : Très bien ! Maintenant repose aussi tes bras. Tu n’as plus besoin de prouver que tu peux agir jusqu’à l’épuisement.

Nox aborda l’épreuve autrement. Elle perçut l’önd circulant dans l’arc et comprit qu’il fallait manier l’arme comme une baguette. Terry observa avec intérêt la chaleur magique se rassembler autour de ses doigts. La réussite la plus naturelle fut celle de Meelo. L’enfant avait déjà manié un arc dans le cirque et traversa les douze haches dès son premier tir. Le jeune homme le regarda ensuite passer entre les élèves pour corriger leurs doigts et leur posture.

Quand vint son tour, il prit l’arc. Le bois se révéla plus lourd qu’il ne l’avait imaginé. La corde résista avec une force presque vivante. Il avait déjà manié des armes lors de ses voyages, davantage pour se défendre contre des braconniers ou couper des liens que pour chasser. Il n’était pas archer. Ses mains abîmées par les cordages tremblaient encore légèrement. Après avoir pris une dernière inspiration, il plaça la flèche et tira.

Le projectile traversa les premières haches avant de heurter le bord métallique de la cinquième. Le choc résonna dans la salle. Terry abaissa l’arc. Durant une seconde, cette faute minuscule lui parut rejoindre toutes les autres : la pierre qu’il n’avait pas arrêtée assez tôt, les elfes perdus, le balluchon ouvert par ses propres mains, Scylla et la personne qui avait donnée sa vie en le sauvant, le bœuf d’or et les élèves qu'il n'avait pas su empêcher de succomber à leur faim... Chaque échec formait une chaîne dont il ne parvenait plus à distinguer le commencement.

Il entendit pourtant derrière lui les élèves continuer à s’encourager. Personne ne lui reprocha d’avoir manqué son tir. D’autres essayèrent, échouèrent, recommencèrent et ajustèrent leur posture en partageant leurs observations. Le magizoologiste comprit alors qu’il abordait encore cette épreuve comme s’il devait prouver, seul, qu’il méritait de les ramener. C’était exactement le piège dans lequel Homère avait tenté de les enfermer ! La valeur n’était pas une flèche parfaite, elle n’était pas un adulte portant seul le poids de tous les morts, elle était ce qu’ils avaient accompli devant Charybde unis les uns les autres : observer, transmettre, corriger et recommencer ensemble.

Tout comme lui, Mirabelle eut des difficultés à traverser les douze haches. Il l'incita à ne pas se décourager et à multiplier les tentatives et empêcha les autres de l’observer avec trop d’insistance. Lorsqu’elle réussit enfin, le serveur des Trois-Balais s'inspira de sa persévérance ! Il remarqua aussi la satisfaction discrète de Margaret lorsqu’elle traversa les douze haches.

Il reprit l’arc lorsqu’il eut de nouveau la possibilité d’essayer. Il observa la position des pieds de ceux dont les flèches étaient allées le plus loin. Il suivit les conseils donnés par les élèves qui avaient remarqué que le bois réagissait à la respiration du tireur. Puis il banda la corde sans chercher à lutter contre elle. Il pensa à sa mère, il entendit son souffle, il sentit son parfum. Il ne pensait pas à la chambre de Sainte-Mangouste, ni à son visage fatigué, mais à la patience avec laquelle elle lui avait appris, enfant, à recommencer les gestes difficiles, comme jouer du piano. Elle ne lui disait jamais de cesser d’avoir peur mais elle lui disait d’expirer avant d’agir et de rester focaliser sur l'objectif.

Terry expira et regarda droit devant lui. La corde quitta ses doigts. La flèche traversa la première hache, puis la deuxième. Le bruit de son passage forma une succession régulière de sifflements métalliques. Six... Sept... Huit... Le jeune homme retint son souffle. Neuf... Dix... Onze... La flèche franchit la douzième ouverture avant de se planter dans le bois au fond de la salle. Il demeura immobile, les mains toujours levées. Il avait réussi cette épreuve !

Aucune joie triomphante ne l’envahit. Seulement un soulagement profond, presque douloureux. Il déposa l’arc pour permettre au suivant d’essayer et resta auprès de ceux qui échouaient. Il corrigea une position, encouragea un enfant dont les bras ne suffisaient pas encore à tendre la corde et proposa que plusieurs mains l’aident à soutenir le poids de l’arme si la magie le permettait. Le texte parlait de celui qui saurait atteindre les haches. Il ne précisait pas que l’exploit devait être solitaire.

Lorsque le dernier membre de l’équipage réussit enfin, les gravures de l’arc s’illuminèrent. Terry leva aussitôt sa baguette, prêt à protéger le groupe. L’arme disparut pourtant sans explosion ni attaque. Une chaleur remonta le long de son bras et se concentra dans sa main. Une rune apparut sur sa baguette. Il jeta un regard autour de lui et vit que le symbole apparaissait sur toutes les baguettes. Margaret tenait la baguette qu’elle avait crue perdue et contemplait la rune comme la preuve que cette Odyssée demeurerait avec elle. Celle-ci avait la forme d’un arc tendu, prolongé par une flèche minuscule. Il étudia le symbole, lui qui n'était pas du tout un expert dans le domaine. Il faillit demander de l'aide à Jade, mais vit que la bibliothèque était déjà en train d'étudier la même rune apparue sur sa propre baguette. Même s'il était incapable de nommer cette rune, il percevait instinctivement sa fonction, comme si l’enchantement avait déposé dans son esprit une connaissance encore incomplète. La rune ne créait pas seulement un projectile. Elle permettait de donner une trajectoire à la magie, de la guider avec précision entre des obstacles et de relier plusieurs cibles placées dans un même mouvement. Elle représentait le pouvoir d’atteindre ce qui paraissait inaccessible.

Il n’eut pas le temps d’en apprendre davantage. Une traction brutale le saisit derrière le nombril.


TERRY : Accrochez-vous les uns aux autres !

Le serveur des Trois-Balais avait reconnu la sensation liée à un transplanage ou à un portoloin. Il attrapa deux élèves tandis que le monde se repliait autour d’eux. Son dernier regard fut pour le tableau d’Homère, emporté avec le groupe puis Ithaque disparut.

Lorsque ses pieds retrouvèrent le sol, Terry manqua de tomber. L’odeur le frappa avant même qu’il reconnaisse le paysage : les effluves de fumée, de terre brûlée, de pierre chauffée par les sortilèges. Poudlard se dressait devant eux !

Pendant un instant, il éprouva un soulagement si violent qu’il en eut le vertige. Ils étaient revenus. Le château existait encore. Peut-être que peu de temps s’était écoulé. Peut-être que sa mère était toujours à Sainte-Mangouste, vivante, attendant une visite qui avait trop tardé. Puis il vit les murs noircis, les plantes arrachées et les impacts de magie. Son soulagement mourut pour laisser place à de l'angoisse. Ils n’avaient pas été envoyés dans l’Odyssée pour les éloigner au hasard. Leur disparition avait fait partie d’un plan. Ceux qui avaient attaqué le train avaient voulu retirer du château des élèves capables de résister, créer de la peur et priver Poudlard d’une partie de ses forces avant de frapper.

Le jeune homme se força à ne pas courir vers les portes. Il voulut d'abord se compter, être sûr que personne n'avait été oublié à Ithaque ! Se compter... Même ici... Surtout ici... Il appela les noms. Tous ceux qui avaient accosté sur Ithaque se trouvaient encore avec eux. Il vérifia ensuite l’état du tableau d’Homère, toujours inerte, puis observa les alentours.


TERRY : Nous ignorons qui contrôle le château. Nous avançons sans nous faire voir. Aucun sort offensif tant que nous ne savons pas où se trouvent les élèves.

Il répartit rapidement les survivants en groupes. Les plus jeunes resteraient au centre. Les élèves connaissant le mieux les passages de Poudlard guideraient l’équipage. Terry demanda que personne ne parte seul, même pour retrouver un ami ou un membre de sa famille. Il comprenait pourtant l’envie de courir. Lui-même pensait à sa mère avec une intensité presque insupportable. S’il pouvait atteindre un hibou, une cheminée ou n’importe quel moyen de communication, il demanderait immédiatement des nouvelles de Sainte-Mangouste. Mais avant cela, il devait ramener les enfants jusqu’au bout !

À l’approche de la Grande Salle, Margaret proposa d’encercler les occupants. Il approuva son instinct stratégique, mais recommanda d’abord d’identifier la position des prisonniers et de la direction.


TERRY : Nous protégeons les captifs avant d’attaquer. Aucun sort à l’aveugle.

Ils n’eurent pas le temps d’exécuter ce plan. Les runes brillaient trop fortement et le serveur des Trois-Balais comprit leur erreur au moment où un sorcier ennemi cria l’alerte.

TERRY : À couvert !

Les sortilèges de Désarmement traversèrent la salle. Plusieurs baguettes s’envolèrent et Jemima fut frappée par un Stupéfix avant que Terry puisse étendre son bouclier jusqu’à elle. La voir s’effondrer réveilla toutes les images qu’il tentait de contenir depuis Polyphème. Pas encore... Pas si près du retour !

TERRY : Protego Maxima !

Une protection se déploya autour de Jemima et des élèves désarmés, tandis que Margaret ordonnait de renverser les tables. Le jeune homme appuya immédiatement sa consigne.

TERRY : Faites une barricade ! Les plus jeunes derrière ! Ceux qui ont encore leur baguette couvrent les autres !

Nox se glissa auprès de Jemima sous sa forme de Maine Coon. Il comprit son intention lorsqu’elle se dirigea ensuite vers le hall. Elle ne fuyait pas : elle cherchait des renforts et mettait Homère à l’abri. Il refusa cependant de compter sur le tableau. Homère était inerte depuis leur arrivée à Ithaque. Ce n’était pas le moment d’attendre une nouvelle intervention tardive. Il murmura à l'adresse de Nox quelque chose en regrettant de ne pas avoir suivi une formation en légilimancie pour être plus discret et efficace !

TERRY : Cherche les élèves, Nox, pas un miracle !

Margaret, privée de sa baguette, utilisa tout ce qui lui tombait sous la main. Elle lança de la vaisselle vers le sorcier gardant la direction prisonnière et cria à Nathan de le viser. Terry reconnut aussitôt la cohérence de son choix : rompre la concentration de cet homme pouvait libérer plusieurs adultes capables de renverser la bataille. Il projeta un bouclier devant Margaret pendant sa course.

TERRY : Continue ! Nathan, uniquement la cible qu’elle désigne !

Meelo, lui aussi désarmé, chargea les assaillants avec une cuisse de dinde. L’image aurait presque été comique dans d’autres circonstances. Ici, l’enfant courait vers des sorciers adultes capables de le tuer. Le magizoologiste l’intercepta après son premier coup et le tira derrière une table.

TERRY : Tu as le droit de te défendre, mais tu ne charges plus seul ! C'est trop dangereux ! Tu peux partir à l’abordage si tu veux, mais avec la protection de quelqu'un plus vieux que toi et nous ne faisons rien sans pitié. C’est précisément ce qui nous sépare d’eux !

Il lui laissa néanmoins l’os. Meelo aurait probablement trouvé une autre arme dès qu'il aurait eu le dos tourné. Mieux valait lui donner une tâche précise.

TERRY : Protège ceux qui ramassent les baguettes. Et reste derrière les tables.

Mirabelle remarqua le manège de Nox autour du sac de Jemima. Elle y trouva la fiole de Moly et en versa quelques gouttes entre les lèvres de son amie. Terry éprouva une brève inquiétude en la voyant faire boire une personne inconsciente, mais il reconnut la préparation utilisée contre les enchantements de Circé. Il protégea les deux jeunes filles pendant que le remède agissait.

TERRY : Très peu, Mirabelle. Et maintiens-lui la tête de côté pour qu’elle ne s’étouffe pas.

Lorsque Jemima ouvrit discrètement un œil, il sentit sa poitrine se desserrer et prit bien garde de ne pas révéler qu’elle était réveillée. Un assaillant s’approcha d’elle sans méfiance et la jeune fille le fit tomber avant de le frapper entre les jambes. Le jeune homme grimaça presque par réflexe. La Poufsouffle de septième année détruisit la baguette de l’homme, rappela la sienne puis restitua celles de Mirabelle, Meelo, Margaret et Nox. Le retour de la jeune fille dans le combat modifia immédiatement le rapport de force.

TERRY : Reste derrière le bouclier jusqu’à ce que tes jambes te portent correctement !

Jemima n’écouta qu’à moitié. Elle lança déjà des sortilèges de Stupéfixion et de Mutisme avant de renforcer les protections. Le serveur des Trois-Balais ne perdit pas son énergie à l’arrêter. Il adapta son propre bouclier au sien afin qu’ils se complètent. C'est à ce moment là que Nox revint avec des élèves majeurs de plusieurs maisons. Il éprouva une véritable fierté en constatant qu’elle n’avait pas seulement cherché des Poufsouffles. Après toutes les divisions survenues autour d’Homère, elle avait réuni des Serdaigles, des Serpentards, un Gryffondor et des membres de sa propre maison. Elle aussi avait compris l'importance de l'unité et du travail d'équipe !

Il invita les nouveaux arrivés à se placer derrière les tables et à combattre en binôme pour se couvrir mutuellement. Nox tenta plusieurs Finite sur les professeurs suspendus mais sans succès. Il lui fit alors signe de ne pas gaspiller davantage sa magie.


TERRY : L’enchantement est probablement composé de plusieurs sorts. Maintiens les ennemis à distance ; nous les ferons descendre dès que nous aurons identifié les liens.

Margaret couvrit la salle d’un Nebulus. Le brouillard leur offrit un répit précieux, mais Terry redouta aussitôt les tirs aveugles et demanda à tous les élèves d'éviter les sorts offensifs contre les cibles qu'ils n'identifiaient pas avec assurance. Nox en profita pour contourner la salle à quatre pattes afin de passer derrière les assaillants. Il vit son déplacement, mais ne l’appela pas : prononcer son nom aurait révélé sa position. Il se contenta d’adapter son bouclier pour couvrir le trajet jusqu’à la table des professeurs.

Le comportement de Nathan l’inquiétait davantage. Le jeune Serdaigle semblait grisé par le combat, exorcisant tous les traumatismes de l'Odyssée en jetant des sortilèges contre les ennemis de Poudlard. Heureusement, Margaret avait une stratégie et l'amour entre les deux jeunes élèves de quatrième année, exprimé par un baiser, sembla sortir le garçon de son exaltation guerrière ! Ils se retrouvaient au milieu d’une bataille et cherchaient, l’espace d’une seconde, une raison de continuer. Quand Margaret fit venir deux explosifs dissimulés dans le château, suite à une idée prononcée par Nathan, le serveur des Trois-Balais comprit qu’il n’aurait pas le temps de les dissuader de les utiliser et, après tout, cela était peut-être une bonne idée, même s'il n'était pas forcément à l'aise avec le chaos qui pourrait en résulter. Il élargit donc son bouclier autour des prisonniers avant que le calamar d’étincelles n’apparaisse.


TERRY : Margaret ! Garde-le loin des élèves et des tentures !

La créature pyrotechnique engloutit symboliquement les assaillants et les désorganisa suffisamment pour permettre une nouvelle offensive. Terry aurait préféré une méthode moins inflammable dans une salle remplie d’enfants, mais il reconnut son efficacité.

TERRY : Maintenant ! Désarmement et entraves !

Jemima apporta la manœuvre décisive en lançant un Piertotum Locomotor ! Les statues et les armures se redressèrent. Leur marche lourde résonna dans la Grande Salle, forçant les derniers assaillants à reculer. Jemima se dirigea ensuite vers la direction et lança un Liberacorpus. Le jeune homme accourut alors et se plaça aussitôt sous les adultes suspendus.

TERRY : Arresto Momentum ! Wingardium Leviosa !

Lorsque l’enchantement céda, il ralentit leur chute et répartit leur poids avec l’aide de la rune. Les membres de la direction touchèrent le sol sans s’écraser. À partir de cet instant, la bataille fut pratiquement terminée. Les professeurs libérés récupérèrent leurs baguettes.

Les assaillants tentèrent alors quelques dernières manoeuvres pour fuir ou pour faire de nouvelles victimes. Terry se retrouva face à plusieurs de leurs leaders qui tentaient de fuir vers le hall. Il traça dans l’air un mouvement rappelant la tension d’un arc et lança un sortilège Incarcerem en sa direction. La corde magique quitta sa baguette, passa autour d’un premier sorcier, se courba vers un deuxième puis un troisième. Chaque boucle se resserra séparément. Les adversaires tombèrent les uns après les autres, liés sans être blessés. Le meneur, pourtant, réussit à récupérer une baguette sous la table et s'adressa à lui en évoquant son rôle de protecteur en tant qu'adulte et du fait qu'il avait failli à sa mission à de nombreuses reprises durant l'Odyssée.

Les mots frappèrent plus sûrement qu’un maléfice. Le jeune homme sentit sa gorge se nouer, sa respiration se faire plus difficile. Il se figea lorsque le Grec lui demanda combien il en avait ramené ! Il savait exactement combien. Il comptait les morts chaque matin avec les vivants. Il connaissait les noms, les places vides et les visages des survivants lorsqu’ils comprenaient qu’un camarade ne répondrait plus, mais il ne pouvait lui répondre. Le sorcier ennemi sourit en lui disant qu'il avait échoué !

La culpabilité ouvrit en Terry la même blessure que depuis la grotte. Pendant une fraction de seconde, il revit le balluchon entre ses mains. Il sentit de nouveau la corde céder et les vents s’échapper. Puis il entendit derrière lui les voix des élèves. Mais non pas celles des morts mais celles des vivants. Il sentit la présence de Jade à ses côtés, celle des professeurs libérés et des elfes évacuant les derniers enfants et il eut la force de réagir... Il redressa sa baguette.


TERRY : J’ai commis des erreurs. Des enfants sont morts alors qu’ils étaient sous ma responsabilité. Leurs noms seront gravés toute ma vie dans ma mémoire.

La rune brilla d’une lumière plus intense.

TERRY : Mais leur mort vous appartient aussi. C’est vous qui les avez envoyés dans cette malédiction. Et vous ne vous servirez pas de ma culpabilité pour échapper à la vôtre !

Le sorcier lança son sort mais Terry répliqua par un Expelliarmus. Les deux magies se rencontrèrent. La rune incurva la trajectoire du sort de Terry autour du maléfice adverse. La flèche lumineuse frappa la main du meneur par le côté et lui arracha sa baguette. Le serveur des Trois-Balais enchaîna avec un Petrificus Totalus... L’homme s’effondra, raide, entre les tables qu’il avait occupées comme un conquérant. Les derniers Grecs furent eux aussi désarmés, ligotés et immobilisés. Le magizoologiste vérifia lui-même leurs liens, confisqua les objets susceptibles de dissimuler de la magie et refusa qu’on les frappe une fois neutralisés.

TERRY : Ils seront jugés. Personne ne règle ses comptes sur un prisonnier incapable de se défendre. Nous ne sommes pas ici pour nous venger d'eux !

Ces mots s’adressaient autant aux élèves qu’à lui-même !

Lorsque Camille Dubois et Ignatius Rookwood félicitèrent les « héros de Poudlard », Terry baissa les yeux. Il n’avait pas le sentiment d’être un héros. Les morts ne pouvaient pas entendre ces félicitations. Leurs familles recevraient bientôt des lettres qu’aucun hommage ne rendrait moins cruelles. Et il sentait responsable de ne pas les avoir tous ramenés sains et saufs au château. Il se raidit aussi devant la promesse d’un châtiment mérité.


TERRY : Ils doivent arriver vivants à leur procès. Nous avons besoin de savoir qui a préparé cette malédiction, comment elle a été déclenchée et s’ils avaient des complices. Nous le devons aux familles des victimes qui vont devoir comprendre pourquoi leurs enfants sont morts en prenant le train pour Poudlard !

Il ne voulait pas d’une disparition opportune ni d’une vengeance maquillée en accident. Ces sorciers devaient répondre publiquement de leurs actes !

Avant de toucher au banquet apparu dans la salle, il recommença à compter les élèves. Il demanda ensuite aux elfes si cette nourriture venait bien des cuisines de Poudlard et s’ils l’avaient préparée librement. Seulement après leur confirmation, il autorisa les plus jeunes à manger.

Lui-même resta debout. Certes il avait faim, mais son corps semblait avoir oublié comment se reposer. Son regard cherchait les blessés, les absents et les signes d’un nouveau danger. Il savait qu’il lui faudrait bientôt demander combien de temps s’était écoulé et envoyer un message à Sainte-Mangouste. Sa mère pouvait être vivante ou ne plus l’être. Il n’était pas encore capable de poser la question...

Le cri triomphant de Meelo détourna son attention. Le garçon, son chapeau retrouvé sur la tête, adressait des gestes insultants aux prisonniers avant de courir vers Camille Dubois et lui demander si elle pouvait être sa maman. Ce n’était pas une plaisanterie. Meelo cherchait encore une mère dans chaque femme qui lui paraissait belle, puissante ou protectrice. Cela avait déjà été le cas avec Calypso ! Sous son insolence et ses cris de victoire se trouvait un enfant qui avait été abandonné trop souvent. Le magizoologiste s’approcha sans le tirer loin de Camille ni rire de sa demande. Il s’accroupit près du garçon.


TERRY : Meelo, tu n’as pas besoin de trouver une nouvelle maman ce soir pour avoir une famille. Regarde autour de toi.

Jemima, Mirabelle, Nox, Jade et les autres étaient là. Fatigués, blessés, parfois encore déçus d'eux-mêmes ou les uns des autres, mais vivants.

TERRY : Tu as des gens qui sont revenus avec toi. Cela ne remplace pas ce que tu cherches, je le sais. Mais tu n’es pas seul.

Terry lança un sourire amical au jeune Gryffondor. Autour d’eux, le banquet commençait. Certains pleuraient en retrouvant leurs amis. D’autres mangeaient sans parvenir à parler. Les elfes redressaient les tables pendant que les professeurs soignaient les blessés. Leur Odyssée était à présent terminée. Pourtant, le jeune homme savait que le véritable retour prendrait beaucoup plus de temps. Il faudrait annoncer les morts, raconter le balluchon et répondre de ses propres erreurs. Il faudrait accompagner les cauchemars, les silences et la culpabilité des survivants. Il faudrait apprendre à Nox qu’une faute ne condamnait pas toute une existence, aider Meelo à comprendre que l’affection ne disparaissait pas chaque fois que quelqu’un s’éloignait. Il faudrait aussi retrouver sa mère, ou apprendre à vivre avec son absence...

Terry regarda une dernière fois tous ceux qui étaient revenus avec lui... Ils avaient sauvé Poudlard... Cette nuit-là, il ne compta pas les héros, mais il compta simplement les vivants, réflexe qu'il conservait de cette Odyssée, et il compta les absents, dont les images allaient probablement hanter son esprit pendant très... très longtemps !




« La vraie vie est absente. Nous ne sommes pas au monde. »
Une Saison en Enfer, Arthur Rimbaud
Chroniqueuse Crocs
[Avatar]
Poufsouffle
5e année
Titre : Re : Chapitre 9 - Le Retour
Créé : 02/10/2026 à 10:21:34 - Modifié : 02/10/2026 à 10:32:12

* Au moment où Jemima lança son Libera Corpus, Nox sentit nettement qu'ils se retrouvaient en majorité, et en plus, les professeurs pratiquaient la magie sans baguette ce qui était toujours un avantage, d'autant que les grecs n'avaient pas été assez stupides pour leur laisser les leurs.

Jade et Terry les avaient rejoints maintenant, et Terry ralentit la chute des professeurs avec un Arresto Momentum.

Et la série des incarcerem avait commencé, c'était fascinant la magie sans baguette. En tous cas, elle estima qu'elle pouvait à nouveau rejoindre ses camarades, plutôt contente finalement, de ne pas avoir eu à tirer dans le dos des grecs car elle venait juste d'arriver derrière la table des professeurs quand ceux-ci avaient été libérés.

Elle reçut avec les autres les félicitations de l'ensemble de la Direction de Poudlard et on ne peut pas dire que ça ne lui faisait pas plaisir, mais en tous cas, elle pouvait assurer qu'elle aurait été mille fois plus heureuse si tout le monde était rentré. - et si elle n'avait pas mangé les bœufs d'or -.

Bastien soignait Hope qui avait été blessée à la tête et ce fut donc Camille Dubois qui s'avança la première, avec l'adjoint Ignotius que Nox aimait bien.

Elle avait dans le regard une lueur que Nox avait du mal à identifier, même si elle s'adressait à eux avec une immense gentillesse et beaucoup de douceur.

Tout à coup, la poufsouffle comprit, la directrice avait été directement concernée au premier chef, elle n'avait jamais fait le rapprochement, mais Margaret était certainement de sa famille. Hé bien si c'était le cas, elle pouvait être fière de sa parente qui avait mené un combat sans taches.

La 5e année lui jeta un coup d'œil rapide, et si elle ne se trompait pas, la jeune Serdaigle semblait presque déçue que tout se soit arrêté si vite et Nox, quoique soulagée, n'était pas loin d'être d'accord. Les morts n'étaient pas encore vengés et tuer des grecs leur aurait surement apporté une certaine paix, en tous cas c'était ce qu'elle ressentait.

Alors c'était sans doutes mieux comme ça, il faudrait déjà vivre avec le poids de la culpabilité pour les disparus, sans devoir en plus mettre en doute le bien fondé d'un assassinat multiple. Mais la lueur dans les yeux de Camille la rassurait, les grecs n'avaient probablement pas fini d'en baver. *

En Octobre, lis les Crocs du Blaireau, et commente les stp !
[Avatar]
Poufsouffle
3e année
Titre : Re : Chapitre 9 - Le Retour
Créé : 02/10/2026 à 11:50:28 - Modifié : 02/10/2026 à 13:48:38

* Mirabelle aurait dû être épuisée par tout ce qu'elle avait vécu et enduré mais la joie ambiante et son euphorie personnelle ont eu raison de sa fatigue. Elle participe de bon coeur à la liesse générale.

Quand son sac extensible se met à bouger de façon impétueuse, elle comprend tout de suite que c'est sa grenouille qui se manifeste à sa manière. Elle sait bien que Rainette a été longtemps enfermée, trop longtemps. Il est grand temps de lui offrir un espace moins exigu. La Boutondore ne peut la libérer ici, elle serait probablement piétinée par simple inadvertance. Avant de rejoindre son dortoir, pour la mettre à l'abri la Galloise s'adresse aux uns et aux autres: *


- "Jem', Nox, Meelo, Terry, Jade, Nathan, Margaret, mes compagnons d'aventure, merci à vous."

* La troisième année se tourne ensuite vers les membres de la direction du Château: *

-" Je ne vous connais pas très bien, mais je suis trop contente de fêter cette victoire en votre compagnie. "



Avatar réalisé par Sixtine St.James













https://i.postimg.cc/SNxbTGNq/VAVA-cadeau-de-Clancy.gif













Avatar par Lucyanha
























https://i.postimg.cc/wT4k2w4R/par-Lucyanha-ce-masque-vous-irait-dec-2025.png






https://i.postimg.cc/Bb7SkPb2/cadeau-1-de-mon-secret-Santa.jpg





https://i.postimg.cc/y8L4md43/erpr.gif
[align=justifie]
Chroniqueuse Chicaneur
Héroïne de l'Odyssée de Poudlard
[Avatar]
Serdaigle
4e année
Titre : Re : Chapitre 9 - Le Retour
Créé : 02/10/2026 à 17:20:16

Le pétard venait de quitter ses mains, faisant tomber Margaret à la renverse. Elle était aux premières loges lorsqu’il prit la forme d’un énorme calamar. Ses yeux émeraude brillaient de mille feux. Elle était heureuse. Excitée par cette vision. L’adrénaline au tapis. Elle entendait, bien sûr, ses camarades continuer de se battre. Essayez d’avoir le dessus sur les Grecs, mais elle, elle contemplait son œuvre. Elle regarda les milliers d’étincelles scintiller. Les tentacules de la créature allaient dans tous les sens, avant que son corps entier s’affaisse sur le groupe d’hommes, les mettant K.O.

L’adolescente souriait. Elle était fière. Pour confirmer son sentiment, tous les habitant.e.s de l’école furent enfin libérés. La quatrième année se releva, difficilement. Les cheveux dans tous les sens et des traces de suie sur son visage, qui accompagnaient parfaitement ses cernes et son visage fatigué. Quand elle entendit le discours de sa mère, la jeune Dubois resta accroché à ses lèvres. C’était terminé. Ils avaient réussi. Elle n’en croyait pas ses oreilles. Elle ressentait de la joie, de la fierté, mais aussi de la tristesse et de la culpabilité. Certes, ils étaient là. Ils avaient libéré Poudlard de ces envahisseurs, mais combien n’ont pas eu cette chance de revoir le château ? La quatrième année repensait à son geste, face à Scylla et le sourire qu’elle affichait il y avait quelques instants avait disparu. Elle n’aurait pas dû se retrouver dans la Grande salle, à cet instant. Elle avait pris la place d’une de ses camarades, qui n’avait rien demandé.

Ce sentiment n’allait jamais la quitter. Finalement, c’était peut-être à cause de cela que l’adolescente avait envie de demander à sa mère de devenir comme elle. Froide, sans la possibilité de ressentir les émotions. Non pas par peur que Nathan la rejette, mais à cause du poids de la culpabilité. En parlant du loup, la brune se retourna pour trouver ce dernier. Elle l’avait momentanément laissé, pour faire éclater son pétard et lui éviter d’être blessé. Quand elle le vit, elle eut qu’une envie : courir et se retrouver dans ses bras. Ce qu’elle fit. Pendant que la Direction parlait, Margaret n’avait d’yeux que pour son ami qui était maintenant, plus que cela.

Les tables, les bancs et le repas venaient à peine de réapparaître, invitant tout le monde à fêter cette victoire, mais la jeune Dubois avait qu’une envie et c’était de sentir la chaleur des bras du Fray. Sans lui demander, elle le percuta de plein fouet, l’entourant. Il y avait au moins une chose positive dans cette malédiction.


MARGARET : On a réussi, chuchota-t-elle.

Se reculant doucement, elle le regarda dans les yeux. Essayant de voir s’il ressentait toujours la même chose, après la fin de cette aventure. L’adrénaline les quittant doucement. Un léger sourire apparu sur ses lèvres et sans même réfléchir aux possibles conséquences et aux regards qui étaient peut-être tournés vers eux, elle l’embrassa tendrement. La fatigue pouvait faire faire bien des choses et surtout oublier ces choses.

Puis, se détachant sans même jeter de regard à qui que ce soit, la Serdaigle s’installa à une table, piochant pieusement dans une des assiettes, la faim lui tiraillant l’estomac. Elle prit quelques bouchées, sans grande conviction, la fatigue la gagnant. Elle sourit à Mirabelle, face à ses paroles réconfortantes, mais l’image de sa camarade, sacrifiée par ses soins, la hantait de nouveau. Son regard fixant le vide. Il n’était pas nécessaire d’être devin ou legilimens pour comprendre que quelque chose n’allait pas. Pourtant, la jeune Dubois allait faire comme si tout allait bien. Car même si le sang de cette noble famille ne coulait pas dans ses veines, elle en faisait partie et rien ne peut perturber une Dubois.



Avatar : Camille Dubois; Signa : Nathan Fray
Chroniqueuse Crocs
Disciple de Slug
[Avatar]
Poufsouffle
7e année
Titre : Re : Chapitre 9 - Le Retour
Créé : 03/10/2026 à 02:33:44

* Les combats étaient terminés, enfin, et les envahisseurs avaient été faits prisonniers. Ils seraient jugés, c'était certain, cependant les sanctions qu'ils subiraient ne ramèneraient pas ceux et celles qui avaient laissé leur vie durant les épreuves subies.

C'était, pour Jemima, une victoire en demi-teintes. Elle ne pourrait jamais oublier tout ce qu'ils et elles avaient enduré pour surmonter les différents obstacles qui s'étaient dressés sur leur parcours.

La jeune fille était exténuée et elle aspirait à quelques jours de repos comme elle ne l'avait plus fait depuis très longtemps. Et ce fut d'une oreille assez distraite qu'elle écouta les discours.

Pour Jem' , le plus important, c'était surtout de remercier ses compagnons d'aventure. Ce qu'elle fit même si ce fut de façon parfois maladroite, sa timidité naturelle reprenant le dessus.

Elle prit ses amies Mirabelle et Nox dans ses bras et elle les serra très fort contre elle. Nulle parole n'était nécessaire tant elles se connaissaient bien.

Ensuite, elle se dirigea vers Margaret et Nathan, un peu confuse de les déranger. *


Jemima : Margaret et Nathan, les épreuves que nous avons subies et traversées ensemble, nous ne les oublierons jamais, c'est certain. Merci pour tout ce que vous avez fait !

* La jeune fille prit alors Meelo tout contre elle et elle lui chuchota à l'oreille qu'elle serait toujours là pour lui.

En ce qui concernait Terry, elle avait perçu ses regrets et ses doutes mais elle était trop discrète que pour en parler, et, même s'il était un adulte, elle se permit de le prendre dans ses bras, une simple accolade mais qui en disait long. Elle savait qu'il comprendrait le message.

En dernier lieu, Jemima se dirigea vers Jade devant laquelle elle s'inclina, les mains sur le cœur, en lui souriant doucement. Elle aussi, elle comprendrait. Jem' en était certaine.

Cela fait, la jeune fille se rendit compte finalement qu'elle avait très faim et elle fit honneur aux plats et aux boissons préparés par les elfes.

Elle envoya rapidement un hibou à sa mère pour la rassurer même si les nouvelles s'étaient déjà répandues un peu partout et, en dernier lieu, elle alla remercier chaleureusement Joplin, sa cousine apothicaire, dont la prévoyance les avait tirés souvent d'une situation difficile. Et, bien sûr, elle en profita pour aller également chez Fiona qui attendait aussi son retour avec grande impatience et qui la réconforta, comme elle savait si bien le faire. *

Bibliothécaire
[Avatar]
Poudlard
Adulte
Titre : Re : Chapitre 9 - Le Retour
Créé : 04/10/2026 à 03:48:37

Poudlard avait quelque chose de vivante. Jade ne l'avait pas nécessairement remarqué lorsqu'elle était adolescente, mais le château vibrait indéniablement.
Lorsqu'elle se connectait à l'Önd depuis la bibliothèque afin de pouvoir renforcer les protections sur les livres anciens, permettre que l'air ne les transforme pas en poussière et garder certains sous sceau magique, elle sentait la présence de marques anciennes.

Des runes, partout, qui n'avaient pas à vocation de protéger uniquement la bibliothèque. Des runes dans diverses salles... Des runes sur le château. Des couches et des couches de protections, runiques ou enchantements, apposés au fil des siècles. Jade ne s'en approchait jamais ; elle n'effleurait pas même les plus récents.
Elle se concentrait sur celles de la bibliothèque, et même alors, certaines runes étaient profondes et ancrées, mêlées à d'autres et Jade se retirait poliment.
Poudlard avait été construite par quatre personnes, mais elle était l'oeuvre d'un millénaire d'êtres qui, chacun leur tour, avaient partagé leur force au château.

Elle sentit immédiatement la faille, connectée comme elle l'était à l'Önd, encore fascinée par sa baguette.
Les dommages. Les murailles invisibles transpercées sans aucun égard, brutalement, mettant en danger tout le réseau.
Il faudrait s'en occuper. Plus tard.
Jade sentait la bataille résonner autour d'elle, les éclats, les failles... Et sa vision se drapa d'un voile rouge.
Ainsi, ce ne serait pas Ithaque mais Poudlard.
* Rien d'étonnant. La moitié de cette épopée fonctionne par symbole. Voici la maison. *
Les dommages infligées à Pénélope assombrirent encore sa vision. Le goût du sang emplit sa bouche.
Attention, sister mine !

S'ils avaient touché à un cheveu des élèves...
S'ils avaient ne serait-ce que bousculé sa famille...
Un feu familier embrasa les veines de la jeune femme, avec la force et la détermination. Sa main droite canalisait une magie puissante, sa main gauche lui semblait être devenue serre, prête à dépecer les ennemis.

Fort heureusement pour Jade Parlambre, elle n'était pas seule. Elle appartenait à un équipage, et cet équipage lui permit de demeurer dans la réalité.
Les narines de Margaret frémissaient tandis que l'adolescente était aussi alerte qu'a l'accoutumée.
Nox semblait désorientée, mais pressait le pas vers la Grande Salle. Ils avaient déjà franchi le pont. Leur instinct les menait aux traces qu'ils suivaient maintenant depuis très, très longtemps.
Nathan était méconnaissable et il fallut quelques secondes à Jade pour identifier la transformation de son visage. Après avoir assuré l'application des plans de bataille, après être resté quoi qu'il en coûte aux côtés de Margaret, se dévoilant relativement calme et efficace... il bouillonnait. C'était le visage de la vengeance qu'il arborait.
Et dans les quelques secondes qui les séparaient de la Grande Salle, alors qu'une stratégie se mettait en place, une grande partie des visages se ferma de la même façon.

***
Il y eut quelques secondes de suspend.
Quelle était la probabilité pour que ceux qui les avaient enlevés soient là, attablés à un banquet où ils mangeaient comme des porcs ? Cent. Sur cent.
— Je me demande si une magicienne a jamais réussi à répliquer la potion de Circé, murmura la jeune femme.

Meelo fonça le premier, hurlant pour l'honneur de Poudlard, Jemima, Mirabelle et... Jade.
Le coeur de la jeune femme se gonfla d'amour, ce qui fit refluer la vengeance.
Un éclair rouge toucha Jemima ; bien d'autres ciblèrent l'équipage.
— Protego Maxima !
Son sort résonna en même temps que celui de Terry ; plutôt que de se heurter, ils se fondirent ensemble pour se renforcer en un dôme autour d'eux.
Trop tard pour éviter le désarmement de la moitié des leurs, trop tard pour éviter la stupefixion... Mais assez pour leur acheter quelques secondes de répit.

Ces quelques secondes, Jade les passa à chercher deux personnes dans la salle. Qu'importe leur état. L'éclat de Meelo avait ravivé son humanité, et l'amour qu'elle avait repoussé de toutes ses forces tant qu'elle n'était pas de retour à la maison enflait désormais dans sa poitrine.
Son héritage de créature se nourrit aisément du sentiment pour grandir en puissance.

Elle trouva les deux enfants tant chéris facilement, de par la présence solaire dont irradiait volontairement le premier. Il servait les hommes attablés au banquet, avec des mains assurées, sans montrer la moindre peur, projetant tout son charisme pour se protéger. Il avait un masque d'aristocrate très efficace sur le visage qui pouvait passer pour un le masque neutre des esclaves grecs.
Aurum. Son neveu. L'appui des trois autres enfants.
Quartz était recroquevillé dans un coin. Ses cheveux auburn emmêlés, ses mains et son visage boueux, il se balançait d'avant en arrière en marmonnant ce qui ne pouvait être que du fourchelangue. Il faisait partie des enfants en mauvais état, mais qui n'avaient pas été ligotés. Privé de la compagnie des reptiles, il était protégé par l'aura de son frère aîné... et pas aussi plongé dans la folie qu'il ne voulait bien le laisser croire. Dès l'arrivée de l'équipage, il avait cherché Jade et les yeux iridescents se verrouillèrent à ceux de jade.

Statique, précautionneux, Quart pointa une direction du doigt, avec un grand chagrin sur le visage... Puis, se balançant de nouveau, il fit le signe discret des Parlambre. Celui qui indiquait la maison.
Onyx avait gardé Lemony auprès de lui. Il n'avait pas pu venir récupérer le reste des enfants à Poudlard, il n'avait pas pris le risque de se confronter à l'équipage parce que Jade lui avait donné une mission et qu'il la suivrait jusqu'à la mort. Onyx protégeait Lemony.
Tremblante, Jade eut toutes les peines du monde à se tourner vers la direction pointée par son neveu. S'il avait fallu se fier à sa partie sorcière... mais l'instinct maternel pur l'emporta sur la peur.
Emerald. Attachée. Ligotée. Echevelée mais...
* Oh. Oh, merci, déesses et prêtresses d'Avalon. *
Emerald était éteinte. Elle n'avait jamais appris à le faire, portant toujours sur elle l'aura de charme Vélanique et s'en servant sans s'en rendre compte. Une jeune fille majeure attirante et envoûtante auprès de ces porcs ?
Mais non. Elle était éteinte... Voire même, la colère enlaidissait son visage. Emerald n'avait pas hérité d'autant d'allèles que Jade et ses traits de Vélane étaient bien moins poussés.
Elle n'avait rien.
Jade respira.

Elle se prit un sort qui l'envoya à l'autre bout de la pièce, grogna de douleur en atterrissant par terre, mais ses pensées étaient uniquement focalisées sur sa fille.
Emerald était sauve.

***

* Un... chat ? *
Au sol, sonnée, Jade avait une vue directe sur Jemima et sur le plus grand chat existant, si imposant et touffu qu'elle hésita un instant avec un Fléreur.

Les sorts fusaient, fusaient. Au coeur de la bataille, tout aurait eu l'air désorganisé mais tant qu'elle était au sol, Jade avait le rôle de spectatrice.
Elle vit les différents groupes se répartir les stratégies : certains récupéraient les baguettes, et les grecs qui tentaient de les en empêcher se prenait un coup d'os sur les phalanges. Au bruit qui résonnait, Jade n'aurait pas aimé être à leur place. Meelo, enragé, avait assez de détermination pour ronger ses liens. Elle ne doutât pas qu'il puisse briser des mains s'il y mettait la même conviction.

Terry veillait sur Jemima tout en lançant des sorts de protection ; dès que son corps changeant d'axe, ses yeux cherchaient chaque enfant. Il était difficile à suivre, ses yeux semblaient erratiques malgré des mouvements secs et précis qui témoignaient de son si précieux sang-froid durant les batailles.
Mirabelle s'écarta de Jemima, et Jade, à plusieurs mètres, croisa le regard de la jeune fille. Elle eut un petit hochement de menton rassurant en sa direction juste avant que les yeux de la Poufsouffle ne se referment. Cette stratégie aurait l'élément de surprise, mais ne fonctionnerait pas pour Jade, trop loin du champ de bataille.

Dans le chaos qui régnait, il lui fut facile d'attraper assez de menthe pour calmer sa migraine, et une herbe qui stopperait les vertiges. Etant donné les symptômes, elle redoutait au mieux une commotion, au pire un trauma crânien. L'endroit le plus sensible de sa boîte crânienne, sur le creux de la tempe, avait heurté de plein fouet un banc de bois.

Jade grimaça par avance, sachant que se relever aller secouer la douleur dans toutes les parties de son corps contenant des os, et replia les genoux afin d'obtenir une meilleure poussée. Ses yeux se rivèrent sur Terry, mais dérivèrent rapidement sur ce que son collègue observait avec inquiétude.
Nathan frappait fort. Très fort, grisé par le nouveau pouvoir que contenait sa baguette...
Le risque de se sentir invicible et d'en payer le prix était aussi haut que le risque de goûter au sang de la vengeance et de s'y perdre. Mais Jade le comprenait.
La morgue avec laquelle Margaret frappait était habituelle ; ses sortilèges étaient puissants sans efforts, ce qui lui permit une pause de réflexion pour utiliser un sortilège que Jade n'avait alors rencontré qu'en Europe de l'Est.
Nebelus.

Parfait.
Malgré la latitude que cela lui offrait, la jeune femme décida de se mettre debout d'un coup, comme arrachant un pansement ou une bande de cire.
Ca faisait quinze fois plus mal qu'une bande de cire. Ca résonnait dans tout son corps, ses muscles protestant avec des courbatures inhabituelles et la douleur rebondissant sur les os.
C'était moins des courbatures de sport que des courbatures de Covid. Lentes à se propager, infiniment longue à se terminer, existant même sans le moindre mouvement.
D'un autre côté, son corps avait fait un vol plané et atterri sur le carrelage dur et ce, après des semaines d'épuisement.

Heureusement pour elle, et l'équipage, l'adrénaline fonctionnait encore et elle bougeait alors que son esprit lui semblait resté sur le sol. Elle s'ébroua. Retour au combat. Pas le choix.
La rage était retombée ; Jade alla la chercher car elle en avait besoin pour oublier qu'elle n'était pas exactement en état de se battre.
Elle songea à Aurum qui devait protéger sa cousine et son petit frère. A Quartz qui n'avait encore jamais quitté le Domaine, avait hurlé et hurlé, s'était agrippé aux grilles dorées du Domaine le matin même du Kidnapping de leurs wagons et avait à présent toutes les raisons de vouloir y retourner.
Peut-être Meelo trouverait-il quelqu'un qui le comprenait.
Elle songea à Lemony, qui avait failli se trouver près d'elle, à ce que cette Odyssée lui aurait fait. A Emerald et à tout ce qu'elle avait risqué.

Et à ces gaillards qui abusaient de leurs pouvoirs, riaient et brisaient tant qu'ils le pouvaient la résistance physchique... A ces hommes qui se baffraient en réjouissance des péripéties qu'ils enduraient.
Et tout ça pour quoi ?

Il n'y avait plus de voile rouge. Juste une colère glacée, tranchante et menaçante, accompagnée par le feu protecteur du foyer, de son foyer.
— Savez-vous quelle est la déesse la plus sous-estimée ? Hestia.
Hestia qui avait laissé sa place à Dionysos parce que le pouvoir ne l'intéressant pas tant que ce sur quoi elle veillait. Hestia, le feu doux et protecteur, le foyer au sens premier du terme. La maison.

Les armures se mirent à bouger. Avec le dense brouillard, Jade n'avait pas vu Jemima se lever et profiter de son effet de surprise. Un sourire carnassier passa sur son visage.
Quelques craquements et glapissement de surprise lui apprirent que la jeune femme ne sous-estimait pas les méthodes physiques. C'était très efficace. Jade sourit encore.
Sa vue était excellente, et si elle n'avait pas la capacité des rapaces d'ajuster sa vision en zoom, elle pouvait discerner des contours si elle verrouillait une cible.
Ce qu'elle fit. Avec les professeurs.
Et du reste, elle se guida à l'odeur et au toucher.
Tout ce qui sentait la nourriture et était imposant se prit des sortilèges cuisant à bout portant d'une baguette. Le feu brûle.

Peut-être que Jade était touchée par certains sorts, mais sa baguette demeura dans ses mains et elle ne s'écroula pas par terre. Les coups ? Elle ne pouvait pas les ressentir.
Les liens résistaient à un Finite, en effet.
Derrière, il y avait le chaos.
Il y avait Margaret et Nathan qui hurlaient de bouffer quelque chose et qui allaient au combat ensemble. Il y avait Nox, quelque part à sa droite, qui désesperait. Et Terry qui tentait de défaire les couches d'enchantements.
Lorsque la lame put enfin passer, Jade déchira les liens ; les sortilèges anti-gravité de son collègue assurant une chute en douceur.
Elle pouvait compter sur son équipage.

***

Lorsque le brouillard se dissipa, les statues avaient aidé à prendre l'avantage, et les suspects étaient ligotés.

La bataille se terminait.
Jade sentit la déchirure familière. Aller mettre un couteau sous la gorge des enflures millénaires pour obtenir leurs motivations, ou se précipiter vers les enfants ? Vers les blessés, vers ses neveux, vers sa fille ? Sa fille qui la regardait comme si elle était une étrangère depuis si longtemps déjà qu'il n'y avait rien de changé dans son regard.

Fort heureusement pour les prisonniers, et l'âme de Jade, elle eut son explication de par la Direction.
* Une Malédiction. Si nous avions su... si nous avions su, nous aurions nous pencher sur le côté briseur de sorts plutôt que de subir les épreuves. Mais ils parlaient de vengeance et du cheval de Troie. Je n'ai pas cerné convenablement leurs motivations et en résultat... j'ai compté Homère comme complice. *
La douleur revenait. Jade se raccrocha à une chaise.
* Et pourtant... J'avais raison. Il savait exactement par où nous allions passer et pourquoi nous étions-là. La Malédiction est construite avec lui comme guide. Quelque chose pour contrebalancer, pour faire en sorte qu'elle puisse être brisée. Ce ne sont pas les grées qui tissaient notre tapisserie, mais la main invisible l'avait bien en son pouvoir. Complice forcé. Reste que je refuse le Destin. *

Elle fut sortie de ses ruminations par les mots peine, procès, prisons.
— La peine qu'ils méritent ? Quoi, Azkaban ?
Azkaban. Ce foutu monde magique n'avait qu'une seule prison, allant d'une simple "rétention" au "crime contre l'humanité", la peine était la même : une prison hantée de Détraqueurs.
Jade haïssait Azkaban.
Jade avait peut-être dans son sang le traumatisme de la Révolution Française, mais elle s'était assurée que le Royaume-Uni n'aurait jamais la mainmise sur elle. Elle serait jugée en France, point. Des Détraqueurs, pour corruption, pour larcin, pour meutre, pour tout. La folie et le désespoir ?
Jade.
— Jade.
Une main se glissa dans la sienne. Plus de soleil, mais deux yeux assombris par l'inquiétude.
L'écho de la voix d'Onyx, avec l'exacte même inflexion dans celle de son fils, la fit tanguer. Aurum la ramenait à elle, Aurum voyait le danger.

* Tu es devant l'entièreté du Monde Magique ou de son futur. Tu es en Gala. Tu est Lady Parlambre, à la tête d'une famille influente du mouvement Traditionnaliste. *

En quelques secondes, la posture de Jade était modifiée, elle retrouvait sa grâce si particulière et son expression s'était lissée. Froide, car elle ne pouvait supprimer sa haine, mais l'adulte responsable de l'Odyssée disparut.

Elle sentit Aurum se raidir, sa main s'échapper.
Ils n'avaient pas le droit de se toucher ainsi.
Elle vit les regards des enfants, certains déçus, d'autres confus et douloureux, d'autres...
C'hoar. Le moment est venu de pivoter.
Mot pour mot ce qu'avait dit Onyx l'an passé.
Quand...
Elle avala sa salive.
La prochaine génération n'aura aucunement la même approche. Tu seras l'une de leurs anciennes bibliothécaires. C'est chuter dans la hiérarchie... mais c'est toi, Jadig. L'adulte responsable. La volonté d'égalité, de protection. La militante. C'est toi.

Elle laissa retomber ses épaules, et s'agenouilla en tendant les bras en direction des enfants qu'elle avait protégés, de Quartz et de Meelo... et d'Aurum.
Le plus jeune des Parlambre fonça dans ses bras, sifflant des mots qu'elle pouvait reconnaître après tant d'heures passées à les entendre. Une supplique reconnaissante et un amour inconditionnel, peu importe qu'elle n'ait pas les mots exacts.
Jade le serra contre elle sans essuyer la boue. Elle pressa la main d'Aurum, chaude contre la sienne, jusqu'à ce que celui-ci fasse passer son frère des mains de leur tante aux siennes, s'arrangeant pour que les épaules restent en contact.

Elle serra les enfants qui en avaient besoin... Et se leva pour effleure les doigts de Mirabelle.
— J'ignore ce que nous aurions fait sans toi à la barre... Prends soin de toi. Prêtez attention les unes aux autres, dans votre salle commune. Et au besoin... je serai de retour à la bibliothèque dans quelques jours.
Le temps de rentrer au Domaine.
Elle ne s'immisça pas entre Margaret et Nathan. La jeune fille viendrait, ou non. Parfois, il faut accepter certaines choses. Margaret n'était ni damnée ni condamnée, mais jusqu'à ce qu'elle accepte que l'avis des autres valait autant que le sien, qu'ils étaient ses égaux, et qu'il y a plusieurs bons chemins existant... Ni Jade ni personne ne pourrait rien faire. Mettant l'adolescente de côté au profit de la jeune fille avec qui elle venait de traverser une malédiction, Jade adressa à son équipière un signe de tête respectueux, reconnaissant ses qualités et la remerciant de s'être tenue à ses côtés.
***
Elle saisit les mains de Jemima lorsque la jeune fille vint vers elle, puisqu'elle en avait reçu l'autorisation, pour la remercier et vérifier qu'elle allait bien.

Le fait qu'elle s'incline était une indication qu'elle avait bien cerné la bibliothécaire. Peut-être un peu trop, concernant certains aspects...

Jemima était fort intéressée par les créatures magiques après tout et passait du temps dans la Valise. Et avec les ASPIC en vue et ce que Jade avait montré durant l'Odyssée...

Mais elle avait confiance celle avec qui elle avait vogué et évité tant de catastrophes. Jemima ne partagerait pas un secret qui ne lui appartenait pas. La jeune fille était majeure, efficace... et nul doute qu'elle serait parmi les adultes qui prennent soin des autres, mettant leurs besoins de côté. Efficace et compassionnée.


Elle salua Nox également, lui murmurant de ne pas s'en vouloir pour les boeufs, s'excusant de l'avoir ainsi maltraitée ce jour-là. La faim fait perdre la tête ; et qu'importe qu'elle ait compté sur Nox pour demeurer aussi stoïque qu'à l'accoutumée... c'était une adolescente, c'était une personne, et les erreurs étaient la preuve qu'ils étaient des êtres vivants.

Restait Meelo, qui s'était jeté dans les bras de Camille Dubois, dont Jade aurait voulu aussitôt le tirer. Elle fut plus que reconnaissante à Terry d'être intervenu avant qu'elle n'ait pu trahir quelque sentiment qui soit envers non pas la directrice, mais d'autres facettes de la femme.
Doucement, elle s'agenouilla près de lui, évitant de regarder son collègue.
— Terry a raison, Meelo. Souviens-toi de ma promesse sur le bateau. Nous trouverons ta famille. Elle se construira lentement, comme tous les liens forts emplis de confiance et d'amour. Je serai à la bibliothèque, tu pourras venir dès que tu en auras envie ou besoin. Et comme tous ceux qui ont participé à l'épopée, des liens se sont créés. Si tu es plus à l'aise avec "Miss Parlambre", comme tu le désires, mais d'autres m'appellent Jade sans souci.
Elle ne le retint pas longtemps, mais désigna délicatement Quartz du menton.
— Il y a un autre petit garçon qui veut rentrer à la maison, et qui s'accroche aux barres... je pense qu'il sera réparti dans ta maison. Et... dans les prochains jours, si tu veux je te présenterai un enfant pour qui Poudlard est très dur. Qui réclame très souvent sa maman près de lui. Et pour qui des solutions ont été trouvées. Je pense qu'il aimerait beaucoup t'écouter parler de tes techniques d'évasion, de tir à l'arc...
Là où Meelo ne cessait d'appeler sa mère, celle de Lemony avait enfin répondu présent et accourait quand il la réclamait. Cela ne signifiait pas que le chemin était terminé.

Jade voulut se tourner vers Terry, mais ç'aurait été lâche et refaire, encore et encore, les mêmes erreurs.
— Je revient, promit-elle.
Dans le regard d'émeraude tranchant, sous le mépris, le dégoût et une haine que sa propriétaire s'efforçait d'éprouver, Jade vint principalement une jalousie dévorante.
— Il n'est jamais trop tard. Jamais. Tant que nous sommes toutes deux en vie, nous pouvons nous retrouver.
— Tu es une meilleure mère pour cet enfant que tu l'as jamais été pour moi, et tu ne te comporte même pas comme sa mère, et il ne te voit pas non plus comme telle. La profondeur de ton échec est à vomir.
Le rire voulait être amer et hystérique mais il échouait.
— Emerald... j'ai vu la haine. La vraie, celle qui tue, celle qui te voles ton identité. Et pendant la malédiction comme depuis ta naissance, il ne s'est pas passé un jour sans que je pense à toi, à notre passé, notre présent, notre avenir. J'ai vu aussi la solitude... et je vois à présent très clairement les marques sur toi.
— Et tes désirs ? Les Sirènes, tu les as vues ?
Jade vacilla au souvenir d'une partie de la scène. Inutile de mentir.
— Je n'ai pas eu de surprises. Mais ce qui a failli me faire me jeter à l'eau... c'est vous deux. Ton frère et toi. Votre présence.
— Et nous étions comment ?
Jade sentit ses jambes se ramollir un peu plus.
Elle ne comprenait pas pourquoi Lemony lui était apparu tel quel, avec son retard de développement, et non... comme un adolescent dans la norme. Mais le dire à Emerald aurait sonné comme une préférence.
— Lemony, c'est entre lui et moi. Mais toi... deux choses avaient changé. Tu voulais me voir et passer tu temps avec moi. Et tu n'étais plus entourée de cette haine que tu formes petit à petit, que tu chéris et dorlote et qui me fait craindre pour ma fille, pour ton avenir.
Emerald resta un instant interloquée.
Disons qu'en une année au contact d'adolescents, Jade avait appris à approcher ceux qui se hérissaient et à mieux choisir ses mots.
Elle détailla sa mère. S'arrêta sur les manches qui couvraient épaules et bras, sur ses cheveux attachés. Et puis elle partit rejoindre son petit groupe d'entreprise juvénile.

* C'est trop. Et ce n'est pas le lieu pour en parler. Déesses... j'aurais aimé qu'elle découvre sa nature sans menaces. *
Mais tous les parents des enfants de cet équipage auraient voulu qu'ils n'aient pas à endurer l'horreur.
Certains ne reviendraient pas.
Jade avait refusé de concevoir son propre retour avant d'être dans Poudlard.
On ne peut pas protéger ses enfants. Ils finissent par souffrir. Par la fautre des autres, ou celles de leurs propres parents.

***

Jade rejoignit Terry en dernier.
Lui faire face était difficile. Il avait donné l'ordre de ne pas s'acharner sur un prisonnier à terre. Et en un sens, l'honneur veut que l'on ne frappe pas une personne désarmée.

Mais si les directrices n'avaient pas explicitement déclaré que ces hommes auraient un procès, puis une peine...
Jade les aurait torturés.

Terry était son collègue, le partenaire auquel elle confiait sa vie et sa sécurité à peine quelques heures plus tôt encore, et son ami.
La première personne qui ne soit pas Onyx à être véritablement un égal de confiance. L'idée de le perdre la rendait malade.

— Ils ne connaîtront jamais un sort qui répare ce que nous avons vécu. Les enfants que nous avons perdu, les violentes vérités que nous avons dû affronter, les privations, les limites repoussées de notre humanité. Aucune peine ne réparera ça.
Elle ne voulait pas les voir enfermés à Azkaban à se morfondre sur eux-mêmes. Elle voulait qu'ils fassent face au même miroir, qu'ils dévoilent leurs motifs, puis qu'ils vomissent de se rendre compte des personnes abjectes qu'ils étaient. Qu'ils comprennent. Qu'ils réparent. Elle voulait une rédemption. Elle voulait qu'ils soient désolés, mais par pour eux et pas de s'être fait prendre.
Jade n'avait aucun doute sur la nature de ces humains-là.
Et elle ne connaissait qu'un seul moyen qui les oblige à faire face à eux même, là, rapidement. La douleur, la peur de la douleur. Même l'envoûtement ne fonctionnerait pas.
Ils devaient voir ce qu'ils étaient de leur plein gré. Se rendre compte de ce qu'est l'éthique, une boussole morale, et réparer le fait d'avoir infligé autant d'horreur.

Jade se foutait complètement qu'ils soient enfermés.
Elle voulait un réveil brutal, puis une réinsertion dans la société avec rédemption obligatoire.
— Leur peine... je ne veux pas les voir enfermés à se lamenter sur eux-mêmes. Je veux qu'ils sortent de leur bulle d'égoïsme. Je veux qu'ils pleurent sur leurs victimes, je veux qu'ils revivent ce qu'elles ont vécu, et je veux qu'ils en soient si désolés qu'ils considèrent la mort... sans pouvoir l'atteindre. Je veux qu'ils réparent. Mais ce genre d'humain doit souffrir pour même commencer à comprendre... et encore.
Parfois, certains bénéficient d'une aide mais crachent quand les autres l'obtiennent. "C'est pas pareil, j'ai des circonstances qui le justifient, moi".
— La cupidité des humains... et leur facilité à être corrompus par le pouvoir !
Elle était écoeurée.

Ce fut seulement après avoir posé les yeux sur ses neveux, et ses protégés de l'Odyssée, que Jade leva un regard doux vers son partenaire... et réalisa très exactement ce qu'elle venait de dévoiler.
Elle avait baissé la garde depuis longtemps, mais que Terry soit au courant qu'elle était semi-Vélane était bien différent du savoir qu'elle venait de lui offrir : elle était bien plus créature qu'humaine. Et c'était quelque chose qui pouvait lui valoir le ban de la société et sa si précieuse baguette, à présent ornée d'un arc, confisquée et brisée.
Jade chérissait sa part d'humanité. Et sans elle, elle n'aurait pas pu pratiquer la sorcellerie. Jade était une sorcière, et donc une humaine.

— Je suis désolée. Je ne te cacherai pas cette part de moi-même. Je ne chercherai pas vengeance, et je refuse de sombrer dans la haine... mais je l'ai un instant considéré.

C'était le jeune homme qui s'était assis auprès d'elle quand elle était au plus mal, offrant sans poser la moindre question. Celui qui lui avait confié sa propre vie, avec lequel elle avait eu une égalité parfaite, la réciprocité de confiance, une estime mutuelle.

L'Odyssée était terminée.
Les héros ne durent jamais bien longtemps. Le procès aurait lieu dans plusieurs mois, tout serait oublié. Ils se perdraient de vue, ceux qui n'étaient pas amis auparavant.
Mais la jeune femme ne pouvait pas perdre Terry.
Lorsqu'elle ferma les yeux, les larmes coulèrent.
— Qui a envie d'être un héros ? murmura-t-elle en tentant de le regarder dans les yeux, mais soudain elle comprenait pourquoi Lemony évitait sans cesse son regard.
Morgane, c'était affreusement difficile !

Elle regarda la bannière vert et argent qui était apparu dès leur entrée dans le château sur le bracelet qu'elle avait fabriqué avec des cravates d'uniforme.
C'était pratique d'avoir des héros.
Ceux qui prennent tout de plein fouet. Qui se sacrifient de bon coeur. Qui sont loués pour tous leurs succès... mais qui doivent payer pour les erreurs de tout le monde.
— Nous n'y sommes pour rien, Terry. Nous ne nous remettrons pas si nous ne parvenons pas à accepter que nous n'aurions pas pu faire mieux. Parce qu'on ne sait pas qui aurait payé le prix d'autres stratégies, des "Et si". Ce qu'on oublie souvent, c'est qu'un héros est un survivant. Et un survivant a toujours fait du mieux qu'il pouvait. Même quand le mieux était de s'évanouir. Même quand le mieux a été de pousser quelqu'un d'autre pour qu'il soit dévoré à sa place.
Elle regarda Mirabelle et Margaret, sentant la rage familière que lui procurait la loyauté se muer en une détermination féroce.
Personne ne ferait aucun reproche aux survivants de l'Odyssée.
Ils pouvaient bien les appeler des héros pour les paillettes et le prestiges. Au moment où le titre devenait une menace et remettait en question ce qu'ils avaient fait, au moment où le titre effaçait les traumatismes et où les journaux en avaient marre de la narrative et commençaient à titrer sur, finalement, pourquoi X n'est pas revenu, et ce qui aurait pu être mieux fait...
Jade était une adulte responsable. Et c'était son choix. Mais elle restait un être vivant issu de plusieurs peuples, avec assez de connections pour intimider les journalistes au besoin.

Les survivants font toujours de leur mieux.
Ils n'auraient jamais pu faire autrement.
Ils doivent avancer, pour retrouver le statut de vivants.

Bibliothécaire à l'affut ~

Née Promise
Née à Imbolc
"Je ne suis pas Humaine, Onyx, pas entièrement. Et là tiendra toujours ma force."
Préfet
Chroniqueur Chicaneur
[Avatar]
Serdaigle
4e année
Titre : Re : Chapitre 9 - Le Retour
Créé : 04/10/2026 à 19:01:38

Ils n'étaient pas nombreux mais ils étaient déterminés.Chacune et chacun des survivants de l'Odyssée s'était lancé dans cette bataille contre les Grecs avec une détermination sans faille. Nous avions un objectif commun et nous avons réussi.

La calamar géant d'étincelles qu'avait lancé Margaret semblait narguer les derniers assaillants encore debout alors que les membres de la Direction achevait ce que notre groupe avait lancé. Ils étaient tous ligotés, prêts à être jugés pour les actes qu'ils avaient commis et à en juger par l'expression de la mère de Margaret, certains allaient le payer cher.

Pour la première fois, il fut content de la voir et son discours marqua la fin définitive de leur aventure. Le nouveau directeur ajouta quelques mots qui rappelèrent à Nathan les nombreuses pertes qu'avait subit leur groupe. Cette aventure avait était dure, tant émotionnellement que physiquement, en témoignait le visage de l'adolescent qui avait besoin d'une douche et de quelques nuits de repos.

Mais ce qu'il voulait, par dessus tout, c'était retrouver Margaret et cette pensée traversa à peine son esprit que son amie était dans ses bras. On a réussi. Oui, on avait réussi et ils étaient tous les deux ensembles pour fêter ça. Sa chaleur, plus que tout le reste, le repas, les rires, lui firent oublier toute la douleur de leur voyage.


NATHAN : Oui, on a réussi.

Margaret le regardait comme si elle cherchait quelque chose et le Fray se posait aussi cette question : qu'en était-il de ce qui était né entre eux durant ce voyage. La réponse, elle lui donna dans une démonstration impudique devant tout le chateau. Ses lèvres furent sur les siennes et tout le monde disparut.

Nathan aurait bien voulu remercier tous les autres membres du groupe mais il aurait le temps de le faire plus tard. Pour le moment, il n'avait que le Dubois en tête et quand elle le lacha pour s'installer à table, le préfet mit une minute à redescendre de son nuage pour s'asseoir à côté d'elle et enfin satisfaire son estomac qui était, pour le moment, rempli de petits papillons.

Ce voyage avait été long, plein d'épreuves, un vrai cauchemar mais, malgré tout, Nathan avait ramené quelque chose de précieux, quelque chose que tout le monde devait avoir, quelque chose qui rendrait le monde tellement plus beau : l'amour.

Cependant, ce qu'il n'avait pas encore anticipé, c'est que sa petite idylle pourrait avoir des conséquences car Margaret n'était pas n'importe qui... C'était la fille de Camille Dubois et il n'osa pas jeter un coup d'oeil à la sorcière de peur d'y voir un sombre avenir pour lui-même.

[Avatar]
Poufsouffle
1re année
Titre : Re : Chapitre 9 - Le Retour
Créé : 09/10/2026 à 23:19:32

Je suis totalement hors délai mais je voulais que mon aventure trouve une conclusion

En posant le pied sur Ithaque, le jeune Beaumont ne ressentit pas la joie qu’il avait imaginée. Il était soulagé certes, mais trop épuisé pour croire pleinement à la fin de leur voyage. Il suivit les autres jusqu’au manoir construit autour d'un majestueux olivier, jetant parfois un regard au portrait immobile d’Homère qu’ils avaient refusé d’abandonner.

L’arc disposé devant les douze haches l’intimida immédiatement. Matthaeus n’avait jamais manié une telle arme et, bien évidemment, lorsqu’il essaya de tendre la corde, ses bras tremblèrent et le bois refusa presque de plier. Il sentit les regards autour de lui et son visage s’empourpra. Il craignait que son manque de force les empêchât tous de repartir. Il recommença pourtant dès qu'il put. Plutôt que de viser un peu au hasard, il observa longuement leur alignement et essaya d'étudier la trajectoire idéale. Les ouvertures formaient un passage étroit, semblable à un tunnel. Il lui suffisait de trouver une seule ligne parfaitement droite.

Le garçon plaça ses pieds comme il avait vu les autres le faire, puis compta ses respirations pour essayer de garder son calme. Il pensa à son père lui enseignant cette méthode après un cauchemar et à la promesse faite sur le quai neuf trois quarts. Cette fois, le bois de l’arc céda. Une chaleur parcourut ses bras, comme si l’arme reconnaissait moins sa force que sa volonté de rentrer. Il relâcha la corde et la flèche traversa les douze haches dans un sifflement clair !

Lorsqu’une rune en forme d’arc apparut sur sa baguette, il la contempla avec inquiétude. Il n’avait encore suivi aucun cours à Poudlard et ignorait comment employer ce nouveau pouvoir. Pourtant, quand la magie les saisit par le nombril, il referma fermement les doigts autour du bois... Le retour fut brutal !

Matthaeus reconnut aussitôt les tours de Poudlard, bien qu’il ne les eût jamais vu auparavant ailleurs que dans un livre. La fumée, les murs endommagés et les traces de sortilèges détruisirent cependant son soulagement. L’école dont il avait tant rêvé ressemblait déjà à un champ de bataille. Dans la Grande Salle, la vue des elfes terrorisés lui rappela ceux que Polyphème avait dévorés. Les pleurs des jeunes élèves se mêlèrent dans son esprit aux cris des victimes de Scylla. Puis il entendit les sorciers rire de leur disparition et évoquer l’Odyssée comme s’il ne s’était agi que d’un jeu.

La colère du jeune Beaumont ne fut pas bruyante. Elle lui glaça le ventre. Il aurait voulu les voir ressentir la peur qu’ils avaient imposée à des enfants mais, en regardant sa baguette, il pensa également à tous ceux qui étaient morts ! Il refusa que leur souvenir serve d’excuse à de nouvelles atrocités.

Nous ne sommes pas morts !

Lorsque les autres lancèrent l’assaut, Matthaeus resta dissimulé derrière une table renversée. Il était incapable de vaincre un sorcier adulte en duel. Il chercha donc ceux qu’il pouvait aider : les professeurs maintenus dans les airs, les élèves prisonniers et les elfes contraints de servir leurs agresseurs. Sans trop y réfléchir et assez naturellement, il pointa sa baguette vers leurs entraves : la rune s’illumina ! Un trait doré en jaillit, décrivit une courbe au-dessus des tables puis se divisa en plusieurs flèches lumineuses. Chacune trouva un lien magique. Les chaînes invisibles se rompirent les unes après les autres, libérant les professeurs et rendant aux adultes la possibilité de se défendre.

Un sort ennemi frappa la table derrière laquelle le garçon s’abritait. Il se jeta au sol, paralysé par la peur. Durant quelques secondes, il se retrouva de nouveau dans la caverne de Polyphème. Puis il aperçut un élève plus apeuré encore, recroquevillé à découvert. Matthaeus rampa jusqu’à lui et l’entraîna à l’abri.

Reste avec moi. Ne regarde pas.

Il leva de nouveau sa baguette. Les traits de lumière ne blessaient pas ceux qu’ils atteignaient : ils arrachaient les armes de leurs mains, détournaient les maléfices et brisaient les enchantements maintenant les prisonniers. Il ne combattait pas pour se venger. Il ouvrait un chemin afin que ceux qui savaient se battre puissent reprendre leur école. Peu à peu, les rires des envahisseurs cessèrent...

Lorsque le dernier sorcier fut maîtrisé, le garçon resta assis contre la table, incapable de cesser de trembler. Il contempla la Grande Salle endommagée, les survivants et les places laissées vides par ceux qui ne rentreraient jamais. Son Odyssée était terminée, mais rien n’était redevenu comme avant. Plusieurs pensées se bousculèrent dans sa tête : combien de temps avait duré leur absence ? comment allait-on rendre hommage aux disparus ? quand sa répartition qui n'avait pas encore eu lieu se déroulerait-elle et dans quelle maison allait-il se retrouver ?... Mais une seule question parvint finalement à franchir ses lèvres :

Est-ce que quelqu’un a prévenu mon père que je suis vivant ?


Filleul de Jemima Romney

Pages : <- 1 2

Le Grand Escalier >> L'Odyssée Magique

Retour en haut de la page



Vous avez besoin d'aide ? Rendez-vous dans la FAQ



Partenaires :
Écoles de Magie : Mana Wyrd - Hogwartsnet
Monde Magique : Fédération du Quadball Français - La Gazette du Sorcier - Wiki Harry Potter - Obscurus Presse - Mimble Mimbus - La Charte du Fandom
Autres : Annuaire google

Toute reproduction en totalité ou en partie est interdite.
Les images et les noms relatifs à Harry Potter sont une propriété de la Warner Bros Corp. et J.K. Rowling.

© 2009-2025 Twelve Grimmauld Place - © 2016 Design par Wilde et Milk Mélon - Mentions légales

Optimisé pour Firefox 4, Google Chrome 6, Safari 5 et Opera 10.5